Pulitzer Center Update juillet 8, 2025
Déforestation et souveraineté alimentaire: Les jeunes au cœur des solutions en RDC
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La République Démocratique du Congo abrite le deuxième plus grand massif forestier du monde. Ces forêts, véritables « poumons verts », sont essentielles à la biodiversité, à la régulation du climat, mais aussi à la sécurité alimentaire de millions de personnes. Pourtant, elles sont menacées par la déforestation, conséquence de l’agriculture sur brûlis, de l’exploitation minière, de la croissance démographique et du manque de politiques adaptées.
À l’occasion de la Journée internationale des forêts, le 21 mars 2025, Kinshasa a accueilli une conférence-débat inédite réunissant jeunes professionnels, experts et journalistes pour réfléchir aux liens entre déforestation et sécurité alimentaire, et au rôle moteur de la jeunesse congolaise dans la préservation des forêts.
Organisée par le Pulitzer Center à travers l’initiative DRC Youth Talks, la conférence-débat s’est articulée autour de présentations thématiques, d’une session interactive de questions-réponses et de recommandations concrètes pour l’avenir.
Alfred Ntumba, fondateur d’Environews, a mis en avant, dans son intervention, le rôle du journalisme de solutions et son potentiel de proposer des réponses concrètes et d’inspirer l’action collective. A son tour, l’ingénieur agro-économiste Trésor Bondjembo a rappelé le rôle de la forêt dans la fertilité des sols, la protection de l’eau et l’approvisionnement d’une diversité alimentaire, tout en alertant sur la contribution de certaines cultures (café, cacao, soja, huile de palme) à la déforestation.

Pour inspirer les jeunes générations, Banyabo Bigomokero, CEO de Yolo Groupe, a encouragé les jeunes à investir dans les produits naturels issus des forêts, en exploitant le numérique et les réseaux de distribution innovants. Jérémie Mwabi Kungu, coordonnateur de projets à l’Observatoire congolais du développement durable, a partagé quelques chiffres clés sur la RDC et ses forêts dont la couverture de 10% des forêts tropicales mondiales, le taux de déforestation de 6 millions d’hectares entre 2001 et 2023. Il a aussi évoqué la pauvreté rurale, la dépendance au charbon de bois et la malnutrition infantile comme défis majeurs.
Le sondage réalisé auprès des participants révèle que 72% ont trouvé les sujets de la conférence innovants et intéressants. Les points forts soulignés incluent la pertinence des thématiques, la qualité des intervenants et l’appel à l’action pour une exploitation durable des ressources. « Le journalisme ne doit pas seulement dénoncer, mais aussi proposer des solutions et la sensibilisation des jeunes est essentielle pour garantir un avenir durable », peut-on lire dans les commentaires.
Les recommandations et pistes d’action issues des participants couvrent les points suivants :
- La gestion des ressources forestières: la protection des forêts doit impliquer gouvernement, jeunes et société civile.
- Les actions concrètes : encourager la plantation d’arbres, l’utilisation de déchets comme combustibles, la promotion du biogaz, l’apiculture et l’agriculture biologique.
- L’exploitation raisonnée : exploiter les forêts de façon durable et respectueuse des écosystèmes.
- Le renforcement de l’entrepreneuriat vert : soutenir les jeunes dans la création d’associations et de projets autour de l’agriculture durable et des produits forestiers.
Cette conférence-débat a montré l’importance d’informer, de sensibiliser et d’impliquer la jeunesse congolaise dans la lutte contre la déforestation et pour la souveraineté alimentaire. Les échanges et recommandations ouvrent la voie à une mobilisation accrue des jeunes pour un avenir durable, où la forêt est source de vie, d’alimentation et d’opportunités économiques.